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Moustique tigre : ensemble, tenons-le à l’œil !

En métropole, le moustique tigre s’est développé rapidement depuis 2004, pour être désormais implanté dans 58 départements. Tous les moustiques ne transmettent pas de maladies, mais Aedes albopictus, moustique d’origine tropicale, également appelé « moustique tigre », est le vecteur potentiel de maladies virales telles que la dengue, le chikungunya et le Zika.

La lutte contre le moustique tigre fait partie intégrante de la lutte antivectorielle (LAV).

En Grand Est, le moustique tigre a été signalé dans les deux départements alsaciens depuis 2015/2016. Il n’a pas fait l’objet de signalement dans l’Aube pour le moment.

La lutte contre le moustique tigre : le rôle des agences régionales de santé et les missions des opérateurs

En application du code de la santé publique, les ARS sont chargées de la surveillance entomologique des insectes vecteurs et de l’intervention autour des nouvelles implantations. Elles sont également en charge des mesures de prospection, traitement et travaux autour des lieux fréquentés par les personnes atteintes de maladies transmises par les moustiques tigres (dont la dengue, le chikungunya, le Zika, …).

Cette démarche est nouvelle au niveau national et répond à l’augmentation constatée de la pression par cet insecte vecteur, qui colonise très rapidement de nouveaux territoires, notamment à la faveur des évolutions climatiques. Systématiser la surveillance et la recherche du moustique tigre, c’est se doter d’une capacité d’anticipation en cas de problématique sanitaire avérée et protéger la population.

C’est donc in fine protéger la population face à de nouvelles épidémies qui ont été tragiques sur certains Départements d’Outre-Mer.

En juin 2020, l’ARS Grand Est a missionné des opérateurs habilités pour déployer un réseau de pièges pondoirs, permettant de détecter la présence du moustique tigre, notamment sur des sites à risque d’importation (ex : ports et aéroports au titre du Règlement Sanitaire International), ainsi que des sites sensibles (ex : établissements de santé, lieux à forte fréquentation).

Cette surveillance est activée chaque année de mai à novembre pendant la saison active de ce moustique.

Déploiement d’un réseau de pièges pondoirs dans l’Aube (10)

Dans l’Aube, l’ARS Grand Est a confié la mise en place des mesures de surveillance et de lutte au Syndicat mixte ouvert de l’eau, de l’assainissement collectif, de l’assainissement non collectif, des milieux aquatiques et de la démoustication (SDDEA). C’est donc lui qui intervient sur le terrain.

Un réseau de 13 pièges pondoirs est installé sur le département, répartis sur des sites stratégiques, sensibles et/ou à forte fréquentation. Il s’agit de simples seaux noirs avec un fond d’eau dans lequel flotte un morceau de polystyrène. Un dispositif qui parait rustique mais qui représente un milieu d’accueil très apprécié de cette espèce.

Les pièges sont relevés toutes les 4 semaines et les échantillons récupérés font l’objet d’une analyse. Les résultats sont renseignés dans une base de données nationale et des comptes-rendus réguliers sont édités à destination de l’ARS.

La surveillance entomologique correspond au premier niveau d’intervention en matière de lutte antivectorielle. La détection du moustique tigre assortie de cas de maladies qui y sont liées entrainent des enquêtes de terrain et des interventions drastiques pour empêcher toute propagation. Rappelons qu’à ce jour, le moustique tigre n’a jamais été identifié dans le département de l’Aube.

Pour assurer au mieux l’ensemble de ces missions, le SDDEA s’est associé avec la FREDON Grand Est, apportant un appui pour la reconnaissance du moustique, et l’entreprise Ratunet, qui se chargera des traitements éventuellement nécessaires. L’ensemble de ces actions sont financées par l’ARS.

Comment signaler la présence du moustique tigre ?

L’ensemble de la population peut participer à la surveillance de cette espèce afin de mieux connaître sa répartition. Il s’agit d’une action citoyenne permettant de compléter les actions mises en place. Ainsi, les particuliers qui pensent avoir observé un moustique tigre peuvent le signaler sur le site www.signalement-moustique.anses.fr.

Un questionnaire permet de vérifier rapidement s’il s’agit bien d’un moustique tigre et, dans ce cas, le signaler sur le site.

Les opérateurs habilités sont chargés du traitement de ces signalements, ce qui permet de connaitre la progression de ce moustique sur le territoire. Plusieurs signalements ont été adressés ces dernières semaines et se sont avérés négatifs.

Quel est le lien avec la démoustication que nous connaissions jusqu’à maintenant ?

La lutte antivectorielle est à ne pas confondre avec les opérations de démoustication, dites de confort, que peuvent mener le SDDEA ou Troyes Champagne Métropole.

Pour ces dernières, il ne s’agit non plus d’une mobilisation de l’Etat pour protéger notre santé, mais d’une mobilisation technique et financière des collectivités locales pour maîtriser au mieux la gêne créée par les populations excessives de moustiques. D’ailleurs, ce ne sont pas les mêmes moustiques qui sont ciblés. Citons Aedes Rusticus, Aedes Vectans, Aedes Sticticus ou encore Culex Pipiens. Notre département accueille diverses espèces de moustiques, chacune disposant de son propre cycle de vie, habitat naturel privilégié et présentant également une appétence et une agressivité variable envers les hommes.

Toutefois, les deux démarches se complètent. En effet, pour performer la maîtrise des populations de moustiques, le SDDEA développe ses connaissances de la biologie de ces insectes pour mieux cibler les interventions. Par exemple, des aspirateurs à moustiques ont été positionnés à plusieurs endroits du département pour piéger des individus adultes. Il est ainsi possible d’identifier quels moustiques sont présents puis de remonter à l’origine de la gêne.

Toute cette démarche faisant appel à des connaissances naturalistes confère au SDDEA des compétences certaines sur le suivi des populations. À titre d’exemple, une nouvelle espèce de moustique, plutôt tropicale, a été identifiée l’an dernier. S’intéressant aux oiseaux plus qu’aux hommes, elle ne crée pas de gêne particulière. Néanmoins elle apparait dans des conditions climatiques proches de celles du moustique tigre, confirmant l’intérêt de la mise en place de la surveillance de l’apparition de ce dernier.

Au regard des bouleversements climatiques que nous connaissons et qui iront en s’accentuant, la mobilisation des acteurs publics sur la question des maladies vectorielles est une nécessité immédiate dont l’ARS et le SDDEA en ont bien saisi l’enjeu. Ainsi, le SDDEA souhaite en faire l’une des actions de sa Stratégie 2100, son plan d’adaptation au changement climatique.

 

Tous acteurs

L’objet de la campagne de communication du SDDEA et l’ARS Grand-Est en partenariat avec la FREDON, est d’opérer une prise de conscience du grand public face à un insecte potentiellement vecteur de maladies graves : nous devons tous être acteurs de cette lutte anti-vectorielle :

  • En agissant de manière simple au quotidien (objet de la campagne de sensibilisation portée par le SDDEA, l’ARS Grand-Est, …) – il est de la responsabilité de tous d’adopter les bons gestes pour éviter l’implantation du moustique tigre sur notre territoire
  • En participant à l’observation des moustiques.

Pour plus d’informations sur la lutte antivectorielle, rendez-vous sur les sites internet suivants :

Posted in Compétences, Démoustication